Etes-vous trop « sympathique » ?

Notre société nous rendrait de plus en plus « sympathiques » : non pas agréables et aimables, mais porteurs d’un système nerveux sympathique trop souvent activé. Kesako ? Notre système nerveux comprend deux sous-systèmes : le système nerveux central, dont l’activation est volontaire, et le système nerveux autonome ou « végétatif », qui échappe quasiment presque entièrement à notre volonté et même à notre conscience.

Dans ce système nerveux végétatif, là encore 2 sous-systèmes à l’oeuvre :

– le sympathique ou « orthosympathique », qui sert à exciter pour nous mettre en action, en activité, voire nous stimuler en réponse à un danger. Le but : mobiliser des ressources pour obtenir un résultat rapide. C’est le mode « Boost ».

– le parasympathique qui sert à l’inverse à nous permettre repos et récupération : il nous ralentit, nous rend plus calme, c’est lui qui permet le sommeil, pour recharger les batteries (conserver l’énergie et la reconstituer). C’est le mode Eco de notre organisme.

Ces deux modes sont complémentaires et nous avons autant besoin de l’un que de l’autre pour vivre. Ils fonctionnent avec des neurotransmetteurs et hormones (adrénalines / noradrénaline pour le système sympathique, acétylcholine pour le para-sympathique). Point important : ils s’inhibent l’un l’autre. C’est pourquoi on sursaute moins si on est surpris par un bruit en pleine séance de relaxation (mode parasympathique), et c’est aussi pour ça qu’il est plus difficile de s’endormir après 2 heures de travail intense sur une présentation prévue pour le lendemain (mode sympathique).

C’est d’ailleurs une ressource intéressante : pour le militaire en intervention ou pour la consultante en plein bouclage d’un livrable, avoir son système sympathique qui force l’état éveillé et actif, c’est pratique !

Tout comme la résistance au stress (via le système parasympathique) qui peut être développée par ceux qui pratiquent des techniques de relaxation. Notez qu’une personne trop relax devient, aux yeux d’autres plus nerveuses, une qui a « deux de tension ».

Le « switch » entre nos deux systèmes n’est pas toujours simple : si le sympathique (action) peut s’activer très rapidement (et heureusement, sinon vous ne pourriez pas faire un bond en pleine sieste pour sauver votre château de sable d’une vague traîtresse), le parasympathique prend parfois plus de temps à prendre la main ou en tout cas, quelque chose l’empêche : le retour au calme nécessite une « descente » qui peut ne pas se faire toute seule, d’où l’entraînement à la détente.

Or, notre mode de vie moderne a tendance à sur-activer le système sympathique : sur-stimulation de nos sens, rythmes plus rapides, bombardement d’informations, stress au travail ou à la maison, augmentation des activités stimulantes le soir comme regarder son téléphone ou une série… au lieu de lire par exemple (ce qui active au contraire le parasympathique)… Observez le rythme et l’énergie qui se dégage d’une bande-annonce de film, d’un « tuto » Youtube et d’une publicité, vous verrez que c’est, la plupart du temps, une machine à exciter le système Sympathique.

Serait-ce en raison d’une valorisation de la performance et du Faire au détriment de l’Etre ? (dédicace aux perfectionnistes, êtres si « Sympathiques » ;) Ce qui est sûr c’est que cela engendre, en excès, le stress chronique, et la difficulté à repasser en mode parasympathique, à se détendre. Or le systèmes nerveux sympathique et parasympathique ont une influence très forte sur notre organisme car ils régulent tout ce qui est piloté en automatique dans notre corps : respiration, battements du coeur, pression artérielle, digestion, température, sommeil… Un déséquilibre entre les deux modes entraîne une cohorte de problèmes de santé, sans parler du mal-être.

Comment retrouver l’équilibre ?

Si nous laissons faire le pilote automatique, la machine peut se trouver bien malmenée. Redevenir conscient de son propre état nerveux permet de mieux le réguler… car c’est possible !

Une première étape est de se demander : suis-je très/trop souvent en mode sympathique ?
Quand je le suis, est-ce toujours adapté, ou bien suis-je en sur-régime ?
Et quels sont les impacts de mon équilibre actuel ?

Ensuite, apprendre à favoriser le mode dont nous avons besoin, quand nous en avons besoin. Car ces systèmes sont autonomes mais nous pouvons faciliter leur activation.

Ce qui favorise le passage en mode sympathique (actif) ? « Hop hop hop ! » : tout ce qui stimule et énergise comme une respiration plus rapide, des mouvements toniques du corps, l’agressivité même feinte… tiens, c’est ce que font les joueurs de rugby néo-zélandais avec leur Haka avant le match ! Et avec la tête : se mobiliser sur un but précis, un résultat à atteindre, se donner un temps limité.

Ce qui favorise le passage en mode parasympathique (actif) ? Ooôôôooh-laaaaaaaaa… Tout ce qui peut calmer et relaxer comme s’étirer, bâiller, ralentir ses gestes et sa respiration (quelques minutes de cohérence cardiaque, ou de yoga ou de méditation), respiration abdominale et profonde, prendre un bain chaud, aller marcher dans un parc, en pleine forêt, et aussi faire du sport pour décharger l’énergie… Et dans la tête : se recentrer sur soi, différer l’atteinte des buts, « rien ne presse, j’ai le temps »…

A vous de jouer, je retourne à mon mode parasympathique (bâillement et étirement) ;)

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