La procrastination en équation

Now (décoché) / Later (coché) : procrastinerLa procrastination est l’art de remettre à demain ce que l’on peut faire aujourd’hui. Remettre à demain… ou après-demain, ou après-après-demain. Car bien souvent, tout se passe comme sur une pente savonneuse : une fois la pente prise, il faut de sacrés freins pour s’arrêter de glisser. Comme si une limite avait été franchie et qu’au-delà, un peu plus… un peu moins…

ex : pensez à la dernière tâche que vous avez reportée, combien de fois avez-vous renouvelé ce report ?

Peur ou paresse et motivation

La procrastination, c’est une forme d’évitement : au lieu de faire tout de suite, nous reportons la tâche à plus tard. Notre motivation n’est pas suffisante à cet instant pour nous y attaquer. « Oh, ça peut bien attendre », nous disons-nous.

Pourquoi procrastinons-nous ?

Voici en équation ce qui se passe :

 

Procrastination = (Peur ou Paresse) – Motivation

 

Deux forces s’opposent, la plus grande gagne.

Dans ce bras de fer nous avons :

1. d’un côté, les peurs liées à l’action que l’on reporte, ou la paresse

Ce sont toutes les bonnes raisons que nous avons de ne pas nous y mettre.
Il peut s’agir d’appréhension, d’inconfort, ou de peur, par exemple :

  • que rédiger ce bilan me prenne du temps, soit un moment fastidieux
  • de rappeler ce client qui était furieux quand il a raccroché
  • d’annoncer à ce cadre qu’il va être licencié, de le voir mal réagir
  • qu’il y ait une erreur dans cette présentation, je dois le relire encore une fois en entier avant de l’envoyer

Il s’agit donc, au fond, de peurs diverses mais qui tournent souvent autour d’émotions désagréables que l’on s’évite.

La procrastination peut aussi être un moyen de ne pas se confronter au risque d’erreur ou d’échec, quand on a une aversion au risque, par exemple.

La paresse procède d’une intention un peu différente : elle est en soi une force qui ancre dans l’inertie. Elle est d’ailleurs bien vécue quand elle est volontaire. Chacun peut avoir ses moments de paresse, mais seulement si la paresse est dans sa nature ! Certains hyperactifs n’en connaissent pas la saveur.

Peur ou paresse : comment distinguer les deux ? Une piste : le paresseux ne fait rien du tout, le procrastineur qui appréhende trouve, lui, souvent le temps de faire autres mille choses alors qu’il n’en a pas pour ce qu’il reporte ! Il trouve des tâches à faire à la maison ou au bureau, qui le détournent du sujet qu’il procrastine. Bien pratique !

D’un côté donc, les peurs et la paresse qui nous empêchent d’agir. Et de l’autre ?

2. de l’autre, la motivation insuffisante

Ah, elle va me sauver, la motivation, elle va me permettre d’agir et d’en finir avec cette fichue procrastination ! Yes, she can mais seulement si ses petits bras sont plus forts.
La motivation peut être intrinsèque (ma raison d’agir, mon moteur) ou extrinsèque (raison extérieure, obligation etc.) et dans les deux cas, plus ou moins forte.

Prenons les extrêmes dans l’équation de la procrastination :

1) Motivation 100%, et aucune peur ni paresse : Action !
=> le passage à l’action est aisé et presque garanti

ex : accepter l’invitation à déjeuner d’un ami très apprécié

2) Motivation faible, peur intense ou grande paresse : Inertie
=> le passage à l’action est presque impossible

ex : se lever le matin quand on n’est plus du tout en phase avec son job
Dans ce cas, il est peut-être temps de faire le point sur ce job dans lequel vous vous sentez insatisfait ou désengagé.

Quand nous procrastinons à répétition une tâche, il est intéressant d’envisager de ne pas la faire du tout. Quelles conséquences si vous l’abandonnez complètement ? Si vous la rayez de votre « to do list » plutôt que de l’y réécrire jour après jour ?

3) Et entre les deux, suspense !

La motivation est là, mais peur ou paresse empêchent d’agir d’où un atermoiement qui dure le temps de ce bras de fer.

C’est dans ce 3ème cas de figure que vous pouvez agir. Comment ?

Comment déjouer la procrastination ?

Levier n°1 : diminuer la force de résistance (peur, paresse)
Pour cela, nous pouvons évaluer plus précisément l’inconfort que représente la tâche. Qu’est-ce que nous redoutons, ou qui nous rebute exactement ?
Levier n°2 : augmenter la motivation
Un moyen pour cela, peut être de décomposer la tâche en petits morceaux, en étapes. Souvent quand nous procrastinons, nous voyons la tâche comme un gros bloc lourd et désagréable. La stratégie des petits pas permet d’y faire face d’une manière plus motivante.

Le plus efficace, bien sûr, c’est d’actionner les deux en même temps.
Prêt(e) ?
« Mais coach, ça c’est du travail…je ne peux pas commencer demain ? »

Je vois. Pour vous aider à ne pas remettre à plus tard votre première victoire sur la procrastination, que dites-vous de ceci :

Prenez un exemple de tâche que vous avez déjà reportée plusieurs fois

  • Quelles seront les conséquences pour vous si vous continuez à la repousser ?
  • Quel effet sur cette tâche elle-même, et sur vous ?
  • Quel impact sur votre liste des tâches ?
  • Et que ressentez-vous chaque fois que vous vous dites « il faudrait que je le fasse » ?

Outre les conséquences extérieures et concrètes, la procrastination est source d’émotions négatives dont on se passerait bien. Certes, le ressenti peut être agréable sur le moment, vous savez, ce soulagement quand une excuse se présente, une bonne excuse pour reporter,
ex : je ne peux pas finir le bilan, il me manque le document que la comptable ne m’a pas transmis (pensée à peine consciente : « OUF-pourvu-qu’elle-ne-me-l’envoie-pas-avant-la-semaine-prochaine »)
Mais par la suite à mesure que vous reportez encore, ce sont culpabilité, baisse de l’estime de soi et autres effets secondaires qui vous assaillent. ET que d’énergie dépensée à ne pas agir !

Pour augmenter encore votre motivation, songez à ce que cela vous fait d’avoir terminé une tâche ingrate.

Conclusion : vous l’avez compris, procrastiner c’est mauvais pour la santé et pour vos affaires, mais c’est un réflexe commun, parfois bien utile pour préserver notre écologie. A chacun d’arbitrer quand il procrastine, en trouvant la motivation de s’y mettre, ou en renonçant à la tâche.

A vous ! Questions de coach :

  • Quelle est la tâche que vous reportez actuellement sans parvenir à vous y mettre ?
  • Quelles bonnes raisons avez-vous de la reporter ?
  • Que va-t-il se passer si vous continuez ?
  • Comment pouvez-vous faire aujourd’hui pour commencer à traiter cette tâche?

La réponse est en Vous !
Et pour passer à l’action, pensez au Coaching…

Lire aussi :
> Quelle différence entre motivation intrinsèque et extrinsèque ?
> Comment manager pour susciter la motivation naturelle

 

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